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Dans quelles mesures les outils de traçabilité représentent un avantage stratégique pour le webmarchand

Par Jean Marie Malle

1. Introduction.
2. Naissance d'un nouveau canal de distribution.
3. Présentation des outils de traçabilité.

4. Solutions applicables aux webmarchands.

5. Limites et contraintes des outils de traçabilité.
6. Traçabilité en tant qu'avantage stratégique.
7. Quelle solution privilégier pour quelle activité ?
8. Conclusion.


Comment fonctionne sur le terrain la traçabilité ?
Comment arrive t'on à associer un flux d'information à un flux physique?


Deux questions auxquelles, nous répondrons dans cette partie, tout en sachant que ces fonctionnalités existent déjà dans beaucoup de secteurs de l'économie et qu'elles peuvent déjà être mises en place chez quelques web marchands ou prestataires logistiques.
Cette partie sera développée dans l'optique de la construction d'une solution complète en temps réel mise au point par le web marchand ou par son PSL.

A) Solutions techniques possibles

1) Support de l'information

Dans le domaine des flux d'informations, il faut pouvoir suivre l'identification de la référence sur laquelle reposent les informations : Il s'agit de l'identifiant.

Il faut que la procédure soit générale et traitée de manière homogène et donc normaliser les identifiants de manière non ambiguë à travers des environnements hétérogènes.

Le choix du code est essentiel pour assurer le suivi des flux. La traçabilité nécessite une identification formelle des produits, une ergonomie des outils de saisie pour un volume important et une saisie rapide en temps réel qui soit fiable.

a) Le code à barres :

La saisie automatique par code à barres est une des techniques les plus largement utilisées dans le monde. Elle est à la fois plus rapide et beaucoup plus fiable que les méthodes manuelles. L'impression de code à barres est également facile.
Si l'on compte près de 2% d'erreurs lors de la saisie au clavier, la probabilité d'erreurs lors de la lecture de codes à barres n'est que de 1 pour 2 millions de caractère lus.
La saisie automatique du code article s'est généralisée. Elle permet le suivi des ventes au plus fin ainsi que celui des mouvements de marchandises.

Le coût est généralement très limité entre 10 centimes et 1 franc en fonction des volumes traités.
En revanche la lecture à l'œil nu n'est pas possible et la capacité de mémorisation est limitée.

De nouveaux codes à barres sont aujourd'hui disponibles sur le marché (code à barres bidimensionnels ou matriciels) avec une plus grande capacité de stockage mais nécessitant l'investissement dans de nouveaux outils de lecture et d'impression. Ils ne rencontrent pas aujourd'hui un réel succès.

b) L'étiquette radio fréquence :

La technique d'identification automatique utilisée dans la chaîne d'approvisionnement et de distribution se base sur le code à barres. Progrès technologiques obligent, nous pouvons toutefois assister à l'avènement d'un nouvel outil qui devrait supplanter le code à barres dans les années à venir, ou tout du moins dans un premier temps, le compléter.

Principe de fonctionnement :

Les avantages des étiquettes "radio fréquence" par rapport au code à barres sont :

· La capacité de mise à jour du contenu
A la différence du code à barres pour lequel les données sont figées une fois imprimées ou marquées, le contenu des données stockées dans une étiquette radiofréquence va pouvoir être modifié, augmenté ou diminué par les intervenants autorisés.

· Une plus grande capacité de contenu
1000 caractères stockables sur 1mm².
Ainsi, dans une étiquette logistique apposée sur une palette, les différentes unités contenues et leurs quantités respectives pourront être enregistrées et lues.

· Capacité de gérer des données alphabétiques en plus des données numériques
Possibilité d'insérer des commentaires textuels dans le suivi du produit mais le coût augmente très rapidement.

· La vitesse de marquage
Le code à barre nécessite le plus souvent l'impression d'une étiquette qui est posée manuellement et réclame l'intervention d'opérateurs. L'étiquette radiofréquence ne nécessite pas de manipulation supplémentaire puisqu'elle peut être directement inclue dans le conditionnement, et ce dès l'origine.

Toutefois l'utilisation généralisée de l'étiquette est limitée aujourd'hui du fait de la perturbation des transferts de données par les métaux, des étiquettes entre elles, de la distance de lecture maximum d'un mètre et surtout du coût de 5 à 10 fois supérieur à celui du code à barres.

2) L'identification des produits

Que les prestataires logistiques ou les web marchands qui gèrent leur traçabilité en interne utilisent le code à barres ou l'étiquette radiofréquence, ils utilisent les mêmes niveaux d'identification concernant le produit :

> L'identification du lieu, Global Location Number (GLN)
> L'identification de la référence produit, Global Trade Item Number (GTIN ou Gencod en France)
> L'identification du numéro de lot de fabrication
> L'identification du numéro de colis, SSCC (Serial Shipping Container Code)
> L'identification du numéro d'expédition

a) Le GLN

L'identification est associée à l'obligation de partage entre les acteurs de la chaîne d'approvisionnement. Suivre les changements d'états d'un ou de plusieurs objets dans une chaîne d'opérations réalisées en de multiples lieux imposent le recours à un standard cohérent d'identification. Chaque lieu, chaque département de l'entreprise doit donc être identifié.
Il s'agit du Global Location Number (GLN). Identifiant international unique.

La présence du Global Location Number dans les bases de données liées à la traçabilité est essentielle car, associée à l'identification de l'objet, celui ci fournit le fil conducteur qui permet de retracer son déplacement ainsi que les acteurs ayant participé à sa production ou sa distribution. Sans lui, la reconstitution de la vie d'un produit ne pourrait pas être automatisée.

Le GLN est composé de :

301 ou 302 D'un Code National Unifié Fournisseur ou Distributeur (CNUF ou CNUD) attribué par Gencod-EAN France Du Code Interne Fournisseur ou Distributeur (CIF ou CID). Il s'agit du code interne attribué par l'entreprise à chacun de ses lieux fonctions De la clé de contrôle
3 chiffres 4 à 6 chiffres 5 à 3 chiffres chiffre

b) LE GTIN

Il s'agit d'un code unique au plan mondial qui identifie tout produit unitaire dans un conditionnement permettant l'achat par un consommateur final. L'unité consommateur est identifiée par un GTIN à 13 chiffres (le code EAN 13).

La codification des produits incombe au détenteur de la marque commerciale de l'article, ce qui permet au fournisseur de commercialiser l'article sous ce code d'origine, quel qu'en soit le pays de distribution.

L'utilisation de ce code dans les messages du commerce électronique, ou sous forme de code à barres sur l'article lui même ou sur les cartons de regroupement, permet d'établir le rapprochement entre flux de données et de marchandises.

Il est composé de :

3 CNUF CIP C
Préfixe de la France CNUF attribué par GENCOD CIP attribué par l'entreprise Clé calculée par l'entreprise

c) L'identification du lot de fabrication

Il s'agit de l'identification figurant sur le conditionnement des produits contenus (cartons, containers, bacs...). Le plus souvent identifié par un code à barres de 13 chiffres (similaires à l'identifiant produit) ou d'un code à 14 chiffres ( avec un chiffre en plus pour l'unité logistique).

d) LE SSCC

Le numéro séquentiel de colis permet une identification unique de toute unité logistique, quel que soit le secteur d'activité et au plan international. Ce numéro est normalisé par le comité Européen de Normalisation (CEN).

Dans le standard EAN, ce code est structuré afin de garantir son unicité. Il comporte 18 chiffres. Exemple : 0 3 44444 0000101234

Chez le fournisseur, chaque lot est constitué d'un certain nombre de palettes facilement identifiables par le numéro unique de colis. Pour un lot donné, le fabricant connaît l'ensemble des palettes produites à partir de ce dernier.
A chaque expédition, l'ensemble des SSCC expédiées est transmis par EDI au destinataire (entrepôt du web marchand ou de son prestataire logistique) dans l'avis d'expédition.
Les mêmes numéros sont également transmis au transporteur par EDI dans l'ordre de transport.
En cas de produit défectueux, le prestataire transmet au fournisseur le numéro relevé en clair sur l'unité consommateur. L'industriel est alors capable de lui renvoyer tous les numéros de palettes (SSCC) concernées.

e) Le Numéro d'expédition

Le lien entre composants et composés doit être en permanence maintenu dans la base de traçabilité, afin de pouvoir suivre l'exécution d'un ordre logistique et de reconstituer le cheminement d'un article.

Le prestataire logistique conserve dans sa base de données, le Gencod, le numéro de lot de fabrication et le SSCC du colis reçu. Ce réceptionnaire associe par la suite, la position du stockage, ou le SSCC du colis de réexpédition si la palette initiale est éclatée vers plusieurs destinataires. Bien sûr il conserve également le lien entre le SSCC qu'il crée et les numéros d'expédition, ceci afin de pouvoir toujours identifier le destinataire suivant.

La traçabilité ne nécessite pas de recours à des données spécifiques. Ce sont celles déjà utilisées dans la conduite des opérations quotidiennes qui servent à alimenter les bases de traçabilité. Il est impératif que les liens entre les quatre entités principales soient conservés (produit, lot de fabrication, unité de transport, localisation des partenaires).


3) Mode de recueil de l'information

L'information peut être recueillie selon différents types de tracing. Comme nous l'avons évoqué précédemment, les web marchands ou leur prestataire logistique ne proposent pas actuellement les mêmes prestations lorsqu'ils évoquent la maîtrise de la traçabilité. (d'après la classification d'Alain Borri)

a) Tracing a posteriori

Le tracing a posteriori est comme son nom l'indique, une gestion du flux d'information par défaut. Seuls les flux en anomalie avec la norme définie lors de la mise en place des logiciels génèrent l'intervention du logisticien.
Les informations concernant le flux d'une entité qui n'aurait révélées aucune anomalie sont donc renseignées automatiquement et seuls les colis n'ayant pas suivi le flux normal (exemple : Client absent : Produit non livré) sont scannés et génèrent une contre information venant se substituer à l'information créée automatiquement.
Les évènements ne sont pas gérés en temps réel mais dans un délai qui peut varier de plusieurs heures.
Si le système est intéressant par sa simplicité et le peu d'information à gérer, ils posent des difficultés dans la fiabilité des données recueillies puisque le flux d'information n'est pas issu du flux physique (renseignés automatiquement), ce qui peut générer quelques incohérences dans la base.
Par exemple, les heures associées aux évènements ne sont pas les heures réelles en ce qui concerne la livraison. La base peut très bien renseigner l'heure à laquelle le chauffeur est rentré de sa tournée et non l'heure à laquelle les colis ont réellement été livrés.

b) Tracing en temps réel

Le tracing en temps réel est basé sur une identification réalisée à partir des flux physiques et sur chaque étape significative de l'entreposage ou du transport (Par exemple, à chaque rupture de charge ou à chaque changement de conditionnement ou encore à chaque changement de lieu).
L'organisation à mettre en place est alors plus lourde en investissement matériel et humain puisque la gestion en temps réel implique la capacité à collecter et à transmettre l'information en temps réel.
Les lieux où peuvent se dérouler les étapes significatives nécessitant un renseignement de la base, doivent donc disposer des équipements permettant cette saisie en direct (scanner...).
Les répartiteurs pharmaceutiques ont par exemple mécanisé la gestion de cette informatique en créant un circuit de sortie obligatoire du produit où il est obligé d'utiliser des tapis roulants.
Ces tapis sont équipés d'appareils de lecture fixe (type caméra) renseignant la base de données en temps réel et optimisant la chaîne logistique.
L'enregistrement des données se fait obligatoirement sur support informatique et les informations peuvent être mises à disposition sur Internet.

c) Tracing ouvert / tracing fermé

Après avoir choisi le fonctionnement de l'implémentation de la base de donnée (à posteriori ou en temps réel), l'entreprise doit également choisir les acteurs qui pourront consulter ces informations.
A savoir si l'information restera disponible en interne et nous évoquerons dans ce cas un tracing fermé ou si l'information sera disponible également en externe (par le client par exemple), et nous évoquerons un tracing ouvert.
La différence est importante puisque le client disposerait alors du même degré d'information que le logisticien et nous pouvons imaginer les conséquences si les informations fournies ne sont pas mises à jour ou si elles contiennent des erreurs.
Ce tracing impose donc au logisticien une parfaite maîtrise dans l'exploitation de son système d'information associé.
Le tracing fermé permet au logisticien de rester maître de l'information mais oblige le client à le contacter par mail, téléphone, fax pour obtenir des informations.
La structure devient donc vite lourde à gérer et occasionne des coûts supplémentaires par la mise en place d'une hot line ou d'un service après vente.
Il apparaît à l'évidence que l'information à gérer représente une masse importante. En terme de stockage, il n'y a rien d'insurmontable à l'heure des PC à 20 giga octets. Le moment le plus délicat à surmonter est celui de la saisie de ces données. C'est à ce stade que les outils d'EDI et d'identification automatique apportent leur concours et trouvent toute leur justification.


4) Circulation de l'information

a) EDI

La traçabilité se fait uniquement sur les informations relatives à une ou plusieurs entités. La mise en place d'un lien normalisé unique entre flux physiques et flux d'informations constitue une première condition indispensable.
L'EDI (Echange de Données Informatisées) est à l'origine du commerce électronique et permet grâce à une standardisation des messages de communiquer des informations en temps réel avec ses fournisseurs ou clients.
Ce mode de communication permet d'automatiser la gestion et l'envoi d'un grand nombre de données mais nécessite une installation lourde et coûteuse qui ne permet pas sa démocratisation rapide.
Seuls quelques web marchands ont choisi d'incorporer cette solution dans leur stratégie logistique.
Château On Line délègue une partie de sa logistique à Hays. Pour Robert Barge, directeur des opérations du site, un service de qualité n'aurait pas été possible si dès le départ, l'entreprise n'avait pas cherché à unifier son système d'information en y intégrant son prestataire : "Nous disposons de liens EDI avec Hays, ce qui nous permet de tracer le parcours d'un colis. C'est indispensable : On ne peut pas respecter ses engagements vis à vis du client si en interne, on ne sait pas ce qui se passe à l'extérieur une fois la commande prise en charge par la logistique".
D'autre part, la société a développé une architecture similaire entre le dépôt, UPS et le siège permettant de surveiller au quotidien tout un ensemble de processus internes et externes aussi bien par statut que par exception : de la présence des stocks, au temps de préparation des commandes jusqu'à la validation du paiement par le client. Ce système permet de détecter à tout instant les dysfonctionnements éventuels et de savoir précisément sur quels processus se situent les problèmes.

b) Internet

L'EDI est une méthode de travail qui reste perçue comme techniquement compliquée et trop coûteuse.
Trop onéreuse en tous cas, lorsque les volumes d'informations échangés sont faibles, ce qui est encore le cas de bon nombre de web-marchands. Or depuis la mi-98, une solution existe qui fait appel à Internet. Plusieurs opérateurs proposent en effet des services qui s'appellent web-EDI.
Un web marchand qui veut communiquer via EDI doit équiper ses ordinateurs de cartes de communication. Ce matériel sera complété par un logiciel de traduction capable d'interpréter les messages EDI reçus et de les mettre en forme utilisable, et inversement de formater les informations que le site veut adresser à ses partenaires.
Pour la mise en place, il faut également l'intervention d'une société de conseil, ne pas oublier les coûts d'exploitation et les coûts d'abonnement au service EDI. Si nous incorporons également le temps de formation du personnel et son temps d'adaptation, nous obtenons une structure nécessitant un financement important.
Le Web EDI permet à contrario de bénéficier de la grande diffusion d'Internet et de sa facilité d'accès. Ces services sont simples d'emploi, ne nécessitent aucun logiciel de traduction, sont toujours à jour des versions les plus récentes.
L'utilisateur doit donc simplement avoir une connexion Internet et s'abonner aux services d'un opérateur.

c) Réseau GSM

Cette solution n'est que très peu répandue chez les transporteurs mais commence à se mettre en place à l'image d'un des principaux investissements de la filiale "Jet Services" de la poste néerlandaise TNT Post Group, qui repose sur l'équipement des 3000 véhicules de livraisons de terminaux portables.
Ils ont donc installé des PDT 7500 qui sont des petits boîtiers permettant de transmettre l'ensemble de l'information propre à l'acheminement du produit par réseau GSM. Informations qui sont ensuite relayées par le nouveau site Internet de la société.
L'information ainsi collectée et transmise sera ensuite traitée par la société qui a décidé de tirer parti des technologies décisionnelles.
Les intégrateurs (UPS, DHL, FEDEX...) utilisent également ces moyens de localisation des entités pendant le transport (appelé aussi tracking).


5) Le Système d'Information (SI)

La réflexion menée par les entreprises sur la traçabilité nous permet de visualiser une tendance à incorporer tous les acteurs de la Supply Chain afin d'obtenir une continuité de l'information et permettre en cas de problème de le détecter à n'importe quelle étape (client final, entrepôt, fournisseur) et de prendre les mesures adéquates en amont comme en aval.
Les logiciels aidant à piloter la chaîne logistique sont multiples et pas toujours interfaçables entre eux, ce qui ne facilite pas la continuité des flux d'informations.

L'ERP dont la principale utilisation est de fédérer les ressources de l'entreprise autour d'une base de données unique sera donc très précieux pour l'archivage des informations. Il va ainsi centraliser les données de base du produit, les ordres successifs qui le concernent et être capable de répondre aux questions (Qui, Que, Quoi, Quand, Où, Combien, Pourquoi?...).

En revanche, les ERP restent des outils tournés vers le passé qui ne possèdent guère la possibilité de communiquer et de gérer en temps réel les flux logistiques, ce qui peut s'avérer important pour un web marchand.

Les progiciels de SCM (Supply Chain Management) dont l'offre est assez récente utilisent les fonctionnalités d'Internet, de la radio fréquence (pour les entrepôts) ou encore recourent aux satellites (pour le suivi du transport) et permettent ainsi le suivi en temps réel des informations en assurant leur parfaite intégration et communicabilité au sein de la chaîne logistique.

On voit également apparaître, en plus de ces outils plus ou moins récents de nouveaux systèmes d'informations à base d'EAI (Entreprise Application Integration).
Ce sont des outils capables de rendre homogène des données d'origines et de formats différents afin de les stocker ou de les distribuer de manière organisée, c'est à dire aux bonnes personnes, aux bons moments.
Ces outils permettent de construire un système d'information entièrement dédié à la traçabilité.
Par exemple la possibilité pour le web marchand de disposer des informations en temps réel sur le stock de son fournisseur et de sa capacité à le livrer dans les délais, de disposer des données de son prestataire sur la bonne exécution dans les temps des livraisons demandées.
L'offre encore récente n'est pas encore un standard d'équipement pour le commerce électronique mais constitue l'une des possibilités majeures de développement dans l'avenir.


B) Choix des différents prestataires

Choix déterminant dans l'acquisition, la satisfaction et la fidélisation de sa clientèle, les web marchands doivent se pencher sur les différentes possibilités qui s'offrent à eux quant à l'aspect logistique de leur activité.
Aujourd'hui, la tendance majoritaire est d'externaliser à la fois le stockage et la livraison chez des prestataires logistiques traditionnels de renommée nationale ou internationale mais dont l'offre n'est pas forcément adaptée aux besoins du web marchand.
Les autres solutions sont de passer par des prestataires logistiques déjà présents dans la vente à distance tel que la Redoute, les 3 Suisses, Telemarket ou encore e-liko; de faire confiance aux nouveaux arrivants que sont les infogisticiens, voir même de suivre l'adage bien connu, "on n'est jamais mieux servi que par soi même" et de développer au moins en interne l'entreposage et le stockage.


1) Développement des solutions en interne

Peu de sites ont actuellement les moyens financiers ou matériels d'assurer les prestations logistiques en interne. La partie transport est externalisée dans 99 % des cas (exception des VPCistes qui vendent également sur Internet). En revanche les acteurs issus de l'ancienne économie et qui disposent déjà de structures de stockage, d'entreposage, de cross docking se lançant sur le net profitent de cette synergie pour tenter de limiter les coûts. Nous pouvons citer l'exemple de la FNAC.com, de Darty.fr...

Les pure players qui traitent aujourd'hui des volumes importants (amazon.com et .fr, alapage.com, rueducommerce.com...) ont également décidé de conserver en interne toutes les fonctions de picking, d'assortiment, de préparation de la commande, tout en sous-traitant la livraison.

La grande majorité de ces sites offrent aujourd'hui une traçabilité, des colis, ouverte aux clients. Sur Amazon par exemple, le client peut se connecter sur le site et ainsi voir avec son numéro de commande, l'évolution du statut de son achat (en commande, en préparation, livré...). En revanche, pas de possibilité de suivre le colis une fois quitté les entrepôts d'Amazon et remis entre les mains de la Poste le plus souvent.

L'offre est très récente et commence à peine à se démocratiser chez les acteurs ayant choisi la solution interne. Le suivi n'était pas automatisé par l'envoi d'un e-mail à un changement de statut jusqu'à ces dernières semaines, mais l'offre évoluant rapidement que ce soit pour la Fnac ou Amazon, le client est prévenu que sa demande a été prise en compte et lorsque sa commande a été remise au transporteur.

Cela laisse à penser bientôt que les e-mails seront automatisés et personnalisés selon que le client souhaite une relation proche (avertissements à chaque changement de statut) ou moins soutenue, comme c'est le cas aujourd'hui.

Les fonctions de traçabilité et de suivi commencent à se développer mais il s'agit d'un investissement financier important qui entre dans le cadre d'une stratégie à plus long terme.

2) Faire appel à des prestataires logistiques traditionnels

Beaucoup de web marchands ont fait le choix dès le départ de leur activité de sous traiter le stockage et la livraison par des prestataires de services logistiques. L'offre en matière de traçabilité et de suivi de la livraison n'est pas une norme et il existe de grandes différences entre chaque prestataire.

Au sein de La Poste, il existe un tracing sur l'offre Coliposte (scanning à trois reprises). Ce scanning reste encore non apparent sur le site du web marchand.

Chronopost permet un suivi du colis par le consommateur ou le web marchand (sans la fonction GPS) mais avec l'obligation de se connecter via un site spécifique Chronotrace.

Si Collissimo offre des prix compétitifs, il ne dispose d'aucune forme de suivi du colis sur le transport et le client n'a donc pas la possibilité de savoir où en est sa commande.

Dans la catégorie des prestataires logistiques qui sont nés avec l'e-commerce, e-liko, dont le créneau est la livraison sur rendez vous le jour même ou le lendemain en France assure via son portail web presto le suivi logistique de ses commandes mais seulement pour les web marchands.

Le site Marcopoly.com souhaiterait que l'édition des bordereaux de livraison chez le prestataire se réalise avec les numéros de commandes de son site et non avec les numéros de bordereau du transporteur ce qui rend difficile la traçabilité pour le client.

Le site français de vente en ligne de vin, château-on-line, a fait de la logistique une clé dans sa stratégie de développement. Leur politique s'appuie sur une externalisation de la chaîne logistique avec deux partenaires que sont UPS pour le transport et Hays pour le stockage et le pilotage.

Si aujourd'hui l'aspect logistique paraît bien géré, ils ont connu des débuts difficiles. N'ayant pas les moyens financiers nécessaires pour assurer en interne la logistique, ils avaient décidé d'utiliser la Poste, Deutsch Post ou encore TNT. Comme le déplore Roger Barge, directeur logistique " A chaque fois les mêmes lacunes avec un important retard dans les outils de traçage et des modules non standardisés. C'est avec sa dimension internationale et sa gamme d'utilitaires capable de transmettre les données de traçage en fonction des numéros de commande via Internet qu'UPS a fait la différence.

Le suivi des colis s'effectue grâce au scanning du code à barres (numéro de bordereau de livraison) de chaque colis dans les centres de tris d'UPS qui jalonnent le parcours du colis. L'information une fois enregistrée est mise à jour dans un délai d'environ 2 heures sur le site.

Les informations relatives à l'acheminement des colis peuvent être transférés par FTP aux sites, selon une fréquence déterminée au préalable, sous forme de fichier ASCII ou encore EXCEL.
Ce module est commercialisé sous la forme d'une option.

A l'heure actuelle une vingtaine de sites français partenaires du logisticien ont adopté sur leur site le module de tracking des colis.
DHL propose quant à lui de scanner jusqu'à 15 fois le colis dans son parcours logistique.

Nous nous apercevons que les prestataires les plus avancés en terme de traçabilité sont également les plus chers sur le marché et l'offre de services à forte valeur ajoutée comme le tracking permet de justifier ce tarif.

3) Faire appel à des infogisticiens

La traçabilité est une problématique au cœur de la chaîne logistique du e-commerce. Le raisonnement se situe dorénavant plus en terme de flux d'informations qu'en terme de flux physiques et c'est donc sur cette affirmation que sont nés des nouveaux intermédiaires logistiques dédiés au commerce électronique et qui sont à la fois capables de mettre en place un système d'information adéquat et la gestion des flux physiques.

En effet, depuis la passation de la commande jusqu'à la remise du colis, le client et l'expéditeur doivent pouvoir suivre les étapes du cheminement de leur colis. Le défi technique est alors l'interconnexion des différents acteurs de la chaîne (fournisseur, site marchand, transporteur, client…) et de systèmes hétérogènes (Windows, Unix...).

Il existe déjà différents prestataires s'étant positionnés sur ce créneau, même si aujourd'hui, leur solution est plutôt en phase de test grâce à des sites pilotes (Ridingzone.com ; Blackorange.com).

Equod (dont le site a déposé le bilan en France), Shipvision, Team On Line ou encore le nouvel arrivant Globeflow, ne disposent pas des moyens matériels pour assurer la livraison ( entrepôts, camions...) mais proposent des plate-formes facilitant l'interfaçage des prestataires logistiques existants (comme La Poste, Gefco, Mory, Exel...). Le rôle de ces nouveaux intermédiaires est alors de fiabiliser la circulation des informations de la manière la plus rapide et efficace possible tout en assurant la parfaite traçabilité des flux.

Ces prestataires ont repensé les outils de pilotage, de tracing et de contrôle de la chaîne logistique opérationnelle pour accompagner les web marchands dans le passage d'une logistique traditionnelle à une organisation répondant aux besoins du e-business.

Par exemple le pack standard de Team On Line, composé de quatre modules principaux, permet de transformer une commande en ordres logistiques et d'en effectuer le tracing.

> Un premier module permet au vendeur de transmettre ses commandes à l'infogisticien.
> Un deuxième module permet d'envoyer aux prestataires logistiques via leur protocole de communication (EDI, Web-EDI…), les ordres logistiques ainsi crées.
> Un troisième module permet en fonction des évènements logistiques de modifier le statut de la commande (en préparation, expédiée, livrée….)
> Le quatrième module permet de mettre en ligne sur le site web du vendeur l'ensemble des statuts logistiques des commandes. Ce module permet donc au client de suivre l'évolution de leur commande sans qu'ils soient contraints de se connecter via le site du transporteur. L'information devient ainsi transparente puisque disponible à tous les acteurs de la commande (client, web marchand, logisticien, fournisseur...).

Ils interviennent comme nouvel intermédiaire dans la chaîne logistique en garantissant le pilotage depuis la prise de commande jusqu'à la livraison en interfaçant les fournisseurs, logisticiens, transporteurs et clients selon leur propre système d'information.



La logistique est donc entièrement sous-traitée et le web marchand n'a plus qu'à gérer l'aspect ergonomique et visuel de son site pour attirer le consommateur tout en conservant toujours l'entière visibilité et traçabilité des flux, nécessaire à la prise de décision rapide.

Ces logiciels sont fournis sous solution ASP hébergée (Location). Ils ne font pas l'œuvre d'un achat et d'une mise en place compliquée mais le coût varie en fonction du nombre de modules choisis et du nombre de commandes à traiter (une commission est perçue à chaque commande). Ce système assure une très grande flexibilité.

Le site rushcollection avait choisi la plate-forme Equod. Gilles Raison, fondateur du site expliquait que de développer son propre entrepôt et les interfaces informatiques serait revenu à un investissement atteignant le million de francs. Le coût de la plate forme n'a pas excédé 50 000 F par mois et il augmente au même rythme que le CA du site.

La qualité de la traçabilité est certes mise en avant par ces nouveaux intermédiaires mais elle dépend également du niveau de tracing des prestataires interfacés. Dans le meilleur des cas, les informations transmises au serveur sont décalées de deux heures. La gestion n'est donc pas tout à fait en temps réel mais ceci s'explique par le fonctionnement même de l'EDI chez les transporteurs. En effet, pour des raisons de coûts les communications sont d'abord regroupées avant d'être transmises.

Leur plus grande qualité est à mon avis la convivialité de l'interface utilisée, la transparence vis à vis du client et la simplicité de mise en place du tracing en temps réel par le web marchand. Pas d'installation coûteuse à effectuer que ce soit pour le recueil des données, le support utilisé, la circulation de l'information ou une connexion à Internet suffit (obstacle, vous en conviendrez facilement surmontable pour un web marchand).

A noter un avantage développé dans la solution de Team On Line, qui propose un système d'alertes en cas de retard contrairement à ses concurrents.



1. Introduction.
2. Naissance d'un nouveau canal de distribution.
3. Présentation des outils de traçabilité.
4. Solutions applicables aux webmarchands.
5. Limites et contraintes des outils de traçabilité.
6. Traçabilité en tant qu'avantage stratégique.
7. Quelle solution privilégier pour quelle activité ?
8. Conclusion.

Contribution publiée sur le site e-logisticien le 05/09/2001